Le JDR, les trente ans et ta mère
Salut à vous,
cher(e)s et rares lecteurs!
Aujourd'hui une petite note qui inaugure une nouvelle catégorie consacrée à tout ce qui ne concerne pas Hunahpu et la méso-amérique. Cette catégorie est bien partie pour enfler au fur et à mesure, voire même à se diviser en plusieurs sous-sections si le temps lui donne raison.
L'objet du crime : le JDR.
Plus le temps passe, et moins je suis motivé par le JDR, et pourtant Dieu sait qu'il a tenu une place importante dans ma vie. Les raisons de ce doute sont sans doute loin de m'être propre, aussi je me permets de vous les exposer : peut être y retrouverez-vous des éléments qui vous concernent également, où aurez-vous des réponses à m'apporter.
Pour décrire un peu plus avant le problème, je dirais que je ne joue plus, que j'écris beaucoup moins, et que la perspective de m'engager dans de nouveaux projets devient plus angoissante qu'excitante. L'actu ne m'intéresse plus vraiment. En bref, la débandade.
Pourquoi?
Une analyse rapide et les éléments de réponse viennent en nombre:
Mais...
Mais le jeu de rôle a été un si fidèle compagnon, m'a donné tellement de bons moments, a permis d'entretenir des amitiés si précieuses, qu'il n'est guère envisageable de s'en débarasser par un simple mouvement d'humeur ou un petit coup de pompe.
Pire encore, je suis viscéralement joueur et rêveur: là tout de suite ça devient du sérieux!
J'en suis donc à la phase d'adaptation : je cherches désormais des jeux qui me permettent de jouer selon ces nouveaux critères. Un temps plus court, un nombre de joueurs réduits, une préparation moins longue ou plus souple.
ça n'est d'ailleurs pas sans rappeler, à une échelle plus grande, la crise qu'a connu le wargame dans les années 90. Les monster games tels World In Flame, ou même des jeux plus simples mais chronophages, comme la série Cry Havoc, ont perdu une large partie de leur public, parti vers des versions vidéos, ou à l'emploi du temps désormais incompatibles avec de telles activités. Résultat, dix ans après les wargames se commandent à de petites boites sur le net, et sont à la fois plus rapides et plus jolis.
C'est sans doute le chemin sur lequel est parti le JDR, et grand bien lui fasse!
En attendant, faute de joueurs, je me tournes plutôt en ce moment vers des loisirs plus souples: jeu de cartes, plateau, et même jeu de figurines. Mes invités n'ont pas besoin de connaître les règles ou d'apporter quoi que ce soit, j'ai tout sur place. Et contrairement à une partie de JDR, une soirée permet de faire plus que le tour d'une taverne.
Evidemment, certaines émotions fortes propres au JDR ne saurait être retrouvé dans ses agréables passe-temps: l'ambiance d'un bon scénar d'angoisse, l'échange brilant d'un joueur avec un PNJ majeur, la tension palpable autour de la table avant un gros coup, le plaisir à faire jouer une culture différente et voir chacun s'imprégner de nouveaux codes, profondèment immersifs...
C'est bien dans l'attente de ces moments d'exceptions que je continuerai à garder espoir et à écrire, au moins un peu!
En attendant, je profiterai de cette catégorie pour faire part de mes découvertes ludiques dans ces autres territoires du jeu.
E.
cher(e)s et rares lecteurs!
Aujourd'hui une petite note qui inaugure une nouvelle catégorie consacrée à tout ce qui ne concerne pas Hunahpu et la méso-amérique. Cette catégorie est bien partie pour enfler au fur et à mesure, voire même à se diviser en plusieurs sous-sections si le temps lui donne raison.
L'objet du crime : le JDR.
Plus le temps passe, et moins je suis motivé par le JDR, et pourtant Dieu sait qu'il a tenu une place importante dans ma vie. Les raisons de ce doute sont sans doute loin de m'être propre, aussi je me permets de vous les exposer : peut être y retrouverez-vous des éléments qui vous concernent également, où aurez-vous des réponses à m'apporter.
Pour décrire un peu plus avant le problème, je dirais que je ne joue plus, que j'écris beaucoup moins, et que la perspective de m'engager dans de nouveaux projets devient plus angoissante qu'excitante. L'actu ne m'intéresse plus vraiment. En bref, la débandade.
Pourquoi?
Une analyse rapide et les éléments de réponse viennent en nombre:
- Ces cinq dernières années j'ai habité dans six villes différentes pour mes études puis mon travail. Impossible de conserver longtemps un groupe de jeu longtemps comme ça. A moins de jouer dans des clubs, mais pour moi le JDR se pratique d'abord avec ses proches, et pas avec des inconnus. Hélas, le nomadisme croissant de notre société en pousse beaucoup dans cette direction.
- Parmi mes anciens joueurs, de moins en moins sont motivés (pour les mêmes raisons), et j'ai horreur de pousser les gens à jouer: s'ils n'ont pas envie, la partie ne sera de toute façon pas réussie.
- On grandit, et notre temps est de plus en plus limité: le boulot, les enfants,les amis plus distants; tout ça ne facilite pas la gestion d'une activité qui prend tout son sel en campagne.
- On grandit, et on a des soucis! Fini l'insouciance (relative) de la jeunesse, maintenant faut trouver de la thune, faut être au top au boulot, s'occuper des proches qui nous reste... c'est aussi le temps de construire, et ces nouveaux projets deviennent des rêves beaucoup plus réels que ceux de nos bonnes vieilles parties.
- Le travail sur le JDR me paraissait avant être une source d'évolution vers le monde professionnel (sans espérer gagner vraiment d'argent avec, bien sûr...) et ainsi vers un certain épanouissement personnel. Le désillusion a été assez brutale. Le travail important fourni sur ApoKryph n'a toujours rien donné, Etherne a eu de bonnes ventes mais n'existe que si une actu constante est fournie, les retours sont rares, parfois les forums de JDR sont une ôde au néant et aux mesquineries (j'en suis aussi coupable). Bref, l'usine à gaz tourne à plein. Tant et si bien qu'a l'annonce de tout nouveau projet je pense aussitôt à la masse de travail, aux chamailleries à venir dans l'équipe, et au vide qui suivra la sortie du livre de base, si tant est que le projet parvienne jusque là.
Mais...
Mais le jeu de rôle a été un si fidèle compagnon, m'a donné tellement de bons moments, a permis d'entretenir des amitiés si précieuses, qu'il n'est guère envisageable de s'en débarasser par un simple mouvement d'humeur ou un petit coup de pompe.
Pire encore, je suis viscéralement joueur et rêveur: là tout de suite ça devient du sérieux!
J'en suis donc à la phase d'adaptation : je cherches désormais des jeux qui me permettent de jouer selon ces nouveaux critères. Un temps plus court, un nombre de joueurs réduits, une préparation moins longue ou plus souple.
ça n'est d'ailleurs pas sans rappeler, à une échelle plus grande, la crise qu'a connu le wargame dans les années 90. Les monster games tels World In Flame, ou même des jeux plus simples mais chronophages, comme la série Cry Havoc, ont perdu une large partie de leur public, parti vers des versions vidéos, ou à l'emploi du temps désormais incompatibles avec de telles activités. Résultat, dix ans après les wargames se commandent à de petites boites sur le net, et sont à la fois plus rapides et plus jolis.
C'est sans doute le chemin sur lequel est parti le JDR, et grand bien lui fasse!
En attendant, faute de joueurs, je me tournes plutôt en ce moment vers des loisirs plus souples: jeu de cartes, plateau, et même jeu de figurines. Mes invités n'ont pas besoin de connaître les règles ou d'apporter quoi que ce soit, j'ai tout sur place. Et contrairement à une partie de JDR, une soirée permet de faire plus que le tour d'une taverne.
Evidemment, certaines émotions fortes propres au JDR ne saurait être retrouvé dans ses agréables passe-temps: l'ambiance d'un bon scénar d'angoisse, l'échange brilant d'un joueur avec un PNJ majeur, la tension palpable autour de la table avant un gros coup, le plaisir à faire jouer une culture différente et voir chacun s'imprégner de nouveaux codes, profondèment immersifs...
C'est bien dans l'attente de ces moments d'exceptions que je continuerai à garder espoir et à écrire, au moins un peu!
En attendant, je profiterai de cette catégorie pour faire part de mes découvertes ludiques dans ces autres territoires du jeu.
E.
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