Camazotz, l'aile de la nuit

Publié le par Elwin



L'Amérique centrale

est peuplée d'une incroyable diversité d'espèces animales et de plantes. Au coeur de cette profusion d'oiseaux exotiques, de félins élégants et d'orchidées subtiles se cachent de petits animaux redoutés :

les vampires.

Il ne s'agit point d'indiens à l'accent transylvanien, comme vous vous en doutez, mais de ces charmantes petites chauves souris qui ont besoin des protéines contenues dans le sang pour survivre.

Notez que je n'ai rien de particuliler contre elles, d'autant qu'elles semblent peu apprécier le sang humain et que quelques milliers de kilomètres nous séparent.
Mais il faut bien avouer que ce mode d'alimentation à de quoi impressionner, surtout dans une culture où le sang est le carburant de la course du soleil, et par là même l'essence de toute Vie sur terre.

Dans ces conditions la chauve souris vampire ne pouvait qu'avoir sa place dans le panthéon Méso-Américain. Et c'est une place de choix, puisqu'elle est incarnée par Camazotz, déesse vampire et nocturne qui sert les neuf sombres seigneurs de Xibalba.

Elle apparait notamment dans le Popol-Vuh, dans une des épreuves que doivent traverser les jumeaux sacrés pour vaincre les Neufs (comme les Nazgûls ^ ^ ). Enfermés dans la caverne du monstre les jeunes dieux se réfugient dans leur sarbacane pour lui échapper. Un peu trop curieux, l'un d'eux sort la tête et est promptement décapité par le terrible vampire. Oubliez la petite boule de poil attendrissante, Camazotz est un déesse des ténèbres d'une taille monstrueuse, un léviathan des airs hideux qui ne se repaît que de sang humain.

Ce thème du Vampire "décapiteur" se retrouve par ailleurs dans toute l'Amérique du Sud, quand il ne s'agit pas d'êtres hybrides effrayants, capturants des innocents en pleine nuit à la manière des funestes hommes-hiboux.

Camazotz fut particulièrement adorée dans la cité de Copàn, et y reçevrait toujours une forme de culte, bien que sur ce point je n'en sache pas plus.

De manière plus terre à terre, sans exclure qu'il ait jamais existé de "gros vampires" dans les immenses forêts des Amériques, on peut aussi rappeler que les grottes occupées par les colonies de vampire sont des pièges mortels, y compris pour l'homme.
Des milliers d'individus y produisent un guano surabondant, qui recouvrent les cavernes sur des mètres d'épaisseur. La décomposition de ces déchets créée un gaz extremement toxique, qui vous abat un homme en quelques minutes. Une fois tombée au sol, la victime est dévorée par des millions de scarabées qui, eux, se portent très bien, merci. Brrrrrr. J'avais eu l'occasion de voir ce spectacle sur la chaîne du National Geographic, et je peux vous assurer que cette masse hideuse d'insectes se précipitant sur la moindre chose vivante et la dévorant pendant son asphyxie valait bien un film d'horreur.

Dès lors on comprend mieux pourquoi, pour les Mayas, les grottes étaient les entrées de l'enfer : exhalants des gazs toxiques, peuplés de vampire et hantés par une mort grouillante, ces endroits avaient de quoi terrifier.

E.

Publié dans Sources et culture

Commenter cet article

Nonène 10/03/2008 00:58

Ca met de l'ambiance en tout cas !!! Je me réjouis d'en savoir plus sur les forces maléfiques (et donc du moteur de ton jeu)