O Yum Cimil!

Publié le par Elwin



O Yum Cimil, j’ai entendu à l’aurore au fond des bois le cri lugubre de la bête.

Ce n’était pas celui du cerf blessé, une rumeur de la forêt, ou le bruit du vent qui se déchire sur les rocs.

C’était un hurlement de désir bestial, un râle de sauvagerie, une explosion de violence.

C’était ta promesse de l’agonie à venir.

Par la peur, j’ai vu ton règne arriver.

 

O Yum Cimil, j’ai senti ce midi ton souffle dans le vent froid du Nord.

C’était celui d’un corps vieux et fatigué, d’une âme malade, d’une bête expirante.

J’ai vu ton haleine fétide courir sur nos terres, faire pourrir nos champs et rendre malade nos enfants.

Le monde s’est peuplé de corps allongés, animés par le seul mouvement des nécrophages.

Par la charogne, j’ai vu ton règne arriver.

 

O Yum Cimil, j’ai vu ce soir la terre se tordre et s’ouvrir sous les contorsions de tes serviteurs.

Leurs membres décharnés ont jailli du sol aussi nombreux que les vers qui grouillent dans le cadavre.

J’ai vu leurs corps s’extirper de la fange et s’agiter comme des pantins suspendus à tes invisibles fils.

Ils ont marché parmi nous pour nous arracher ce qu’il y avait de beau, de jeune et de vivant.

Par le joug des vaincus, j’ai vu ton règne arriver.

 

O Yum Cimil, j’ai marché cette nuit dans ton terrifiant domaine, lié par la corde à tes serviteurs.

J’ai vu sous terre tes guerriers revêtus de la peau des vampires se repaître du sang des mortels,

J’ai vu tes arrogants seigneurs-hiboux nous observer comme du bétail du haut de leurs monstrueuses montures.

Tous je les ai vu trembler aux cris effroyables des Tzitzimines, enchaînés dans tes plus profondes cavernes.

Par tes armées, j’ai vu ton règne arriver.

 

O Yum Cimil, quand le temps s’est arrêté j’ai enfin vu ton trône de crânes, couvert de mygales et de vers.

J’ai vu ton corps aux membres squelettiques et au ventre boursouflé, tes parures faites d’os humains.

J’ai plongé mon regard dans tes orbites vides, emplies de ténèbres plus sombres qu’une nuit sans Lune.

J’y ai lu ta haine du Soleil et de tout ce qui brille et vit, l’adoration de la déchéance et de la fin du monde.

Par la folie, j’ai vu ton règne arriver.

 

O Yum Cimil, premier des neuf sombres seigneurs de Xibalba, maître de l’Inframonde,

J’ai vu ton règne arriver et j’ai compris que ta victoire était inéluctable, car la mort triomphe de tout.

Par la peur,

Par la charogne,

Par le joug des vaincus,

Par tes armées,

Par la folie,

J’hâterai la venue de ton règne, pour que prenne fin notre agonie.

Publié dans Ambiance

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Nonène 29/11/2007 18:28

Yeah !!! Yum Cimil power ;)